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Jean-Christophe Nicolas
C’est à l’âge de 11 mois seulement que mon insuffisance rénale fût diagnostiquée. À ce moment, évidemment, je ne pouvais saisir l’ampleur du combat qui m’attendait pour le reste de ma vie. Jeune garçon souriant, sportif, j’attirais le rouge à lèvre des « matantes » et on ne pouvait se douter que je passais plusieurs jours par année dans les hôpitaux. Dès l’âge de cinq ans, le sport a pris une grande place dans mon quotidien. Le soccer était mon sport préféré, mais dès le secondaire, badminton, athlétisme, ping-pong et autres activités sportives prenaient la majorité de mon temps. C’était pour moi un moment de liberté, un des rares moments où je ne pensais plus à mes problèmes de santé. Grâce aux bons soins et à tous les efforts du personnel médical, je n’ai commencé l’hémodialyse qu’en 1994. Je débutais mon secondaire, et déjà ma vie scolaire, sociale, sportive et familiale était totalement chamboulée par des traitements, trois fois par semaine. Puis, le 21 juin 1995, au beau milieu de mon examen final de géographie, ma vie fut de nouveau bouleversée : un rein m’attendait au CHU Ste-Justine. Grâce à cette première greffe, j’ai eu la chance de vivre un secondaire pratiquement normal entouré de précieux amis, d’une vie sportive riche et d’une famille incroyable. J’ai également eu l’occasion de traverser mon adolescence en pratiquant plusieurs sports, me permettant ainsi de me défouler. Malheureusement, cette greffe n’a pas eu le succès espéré : septembre 1998, alors âgé de 17 ans, de retour pour des traitements d’hémodialyse. Ce triste retour signifiait également la disparition presque complète de mes activités sportives préférées. Un espoir pointait cependant à l’horizon : nous procédions, en compagnie de mes parents, aux démarches pour vérifier si l’un d’entre eux était compatible. Après plusieurs mois d’analyses et de discussions, la décision finale fut prise : la transplantation d’un rein de mon père aurait lieu le 22 octobre 1999. C’est à ce moment précis que j’ai décidé de me prendre en main ; cette fois, je le garde et pour longtemps. Activité physique régulière, saine alimentation, repos et une consommation d’alcool pratiquement nulle, tout cela me permet aujourd’hui d’être dans une forme splendide. C’est au moment de fêter mon 10e anniversaire de greffe, en octobre dernier, que j’ai pris la décision de participer aux Jeux Canadiens des greffés à Québec. Je veux démontrer que le don d’organe, ce n’est pas un don ordinaire. En plus de changer ma vie, il améliore la vie de tous les gens autour de moi : famille, amis, coéquipiers et collègues peuvent également en profiter. Le 22 octobre 1999, mon père m’a redonné la vie. Aujourd’hui c’est à mon tour d’être père. Le 9 août prochain, lorsque j’assisterai à la cérémonie d’ouverture des Jeux Canadiens des greffés, j’aurai à mon tour donné la vie … |
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| Un événement signé: MC2 | |||||||